Inca Pérou. 1200 à 1532.  Les Incas occupaient un territoire —  le Tawantinsuyu (les quatre quartiers) —  dont la surface couvrait l’équivalent de la France, de la Suisse, de l’Italie et des Pays-Bas réunis.  Sous  l’autorité  du  Sapa  Inca,  descendant d’Inti  —   le « dieu soleil » —, l’appareil d’État s’appuie sur une cascade de dignitaires qui administrent, selon leurs pouvoirs, 10, 100, 1000 et jusqu’à 10 000 familles en imposant partout le même modèle. À la base, le système repose sur la réciprocité et la force de travail des individus à travers l’ayllu et la mita. L’ayllu (lignage) agglomère des familles qui se réclament d’un ancêtre commun. Il n’y a pas de propriété privée. Chaque ayllu forme une coopérative qui travaille des terres savamment réparties dont les récoltes reviennent pour partie à l’Inca, aux fonctionnaires et aux prêtres, et enfin à la communauté que forme l’ayllu. Grâce à cette organisation qui s’appuie sur l’usage des quipus (ci-contre), des surplus sont stockés partout dans l’Empire pour pourvoir aux besoins en cas de catastrophe (sécheresse, tremblement de terre…). Au travail de la terre, s’ajoute le « tribut textile ». Les paysannes filent pour l’Inca. Comme toutes les femmes de l’Empire, elles confectionnent des tissus et des vêtements qui sont rassemblés dans des greniers. Les plus belles étoffes sont brûlées ou enterrées comme offrandes, lors de sacrifices. La mita est une prestation de travail (une corvée) imposée temporairement aux hommes valides par l’administration. Pour construire une route, par exemple. Les fonctionnaires ont d’autres missions, dont celle de choisir les plus belles jeunes filles vierges des villages. Ces aqllas ou « vierges du soleil » sont destinées à servir les dirigeants incas. Certaines deviennent prêtresses, d’autres sont sacrifiées aux divinités. C’est à Cuzco , le « nombril du monde », que séjourne le Sapa Inca.  Le Temple du Soleil  —  le Corincancha —  est le lieu sacré par excellence où sont rassemblés les grands Ancêtres (leurs momies y sont exposées revêtues de leurs plus riches habits). Des chapelles décorées de plaques d’or et d’argent sont dédiées au Soleil, à la Lune, aux pléiades, mais aussi au tonnerre, à la foudre et à l’arc-en-ciel. Les Incas ont mis en place un système complexe fondé sur la dualité des pouvoirs et la quadripartition du territoire. Lequel est, de fait, divisé en quatre « suyus ». Quatre voies principales partent de Cuzco pour les rejoindre, en ligne droite (quel que soit le relief !). Ces routes parcourues au pas de course par de rapides messagers (chasquis) comptent nombre de relais, régulièrement espacés, mais aussi des huacas (lieux sacrés) qui sont l’objet d’offrandes et de sacrifices, parfois humains. Très offensive, avec ses frondes, ses lances et ses massues, l’armée inca qui empruntait ces voies —  en s’approvisionnant en chemin en armes et comestibles — a ainsi pu conquérir d’immenses territoires et imposer, parfois par la déportation, la conversion des vaincus au culte du Soleil. Treize Sapa Inca se sont succédé du mythique Manco Capac à Atahualpa, garrotté par les hommes du conquérant espagnol, Francisco Pizarre. Lire les interviews de : Carmen Bernand   Spécificités artistiques : récipients cérémoniels (keros) en bois dur gravés et/ou peints, amphores (urpus), cruches (puinos) et aryballes (jarres ou sorte d’amphores à base conique) qui contenaient de la bière de maïs sacrée ou chicha. Egalement : des florelos (bouteilles composites), assiettes à offrandes, plats (pucus), bols et pots fermés à anse latérale, petites figurines en turquoise, conopas  (offrandes en pierre noire, en forme de lama ou d’alpaga, qui étaient enterrées par les agriculteurs). Et des armatures de massues en bronze (souvent en forme d’étoile) et de haches.   Les    divers   motifs   géométriques    incas   (tocapus)  restent à « décoder ». Quant aux objets incas en or (à l’exemple des petites idoles masculines), rares sont ceux qui ont échappé à la cupidité des conquistadores. Ceux exposés ou mis sur le marché proviennent, pour la plupart, de fouilles clandestines perpétrées dans d’anciens cimetières. Pour en savoir plus (en langue française) LAVALLEE Danièle, LUMBRERA Luis Guillermo. Les Andes de la préhistoire   aux Incas. L’univers des formes. 1975  - METRAUX Alfred.    Les Incas. Histoire. Seuil. 1983 — L’art des Incas dans les collections des Musées de Cusco. Musée de Chartres. Exposition du 1er juin au 5 octobre 1992 — Dossier d’Archéologie N° 214 Juin 1996  Les derniers Incas. Civilisations précolombiennes en Équateur. Quito, Caranqui, Tomebamaba, Ingapirca —  LONGHENA Maria, ALVA Walter. Les Incas. Les civilisations andines, des origines aux Incas. Gründ. 1999 — ROSWOROWSKI Maria Le Grand Inca  Pachacutec Inca Yupanqui. Traduction Simon Duran. Tallendier 2008  - BERNAND Carmen. Incas. Peuple du Soleil. Poche. 2010 L’oeuvre d’un témoin métis de sang royal                                                                                         INCA GARCILASO de la Vega Commentaires royaux sur le Pérou des Incas (3 tomes). La découverte/Poche. Littérature et Voyage. 2000 A lire aussi...                                                                                                      Photothèque A.d’Orval © Carlos Santo Maria © © Photo GD Conopas. Une cavité figure sur le dos de ces lamas bien gras en pierre. Les agri- Kéro en bois.  Les   divers  motifs  (souvent géométriques) reproduits sur ces vases - des  récipients  à  chicha -   n’ont pas été déchiffrés.   Le  fait  est  que  les Espagnols  les  ont interdits. Ils craignaient que  les  keros  servent  de  moyen de communication secrète entre Indiens. culteurs la remplissaient de graisse.  Le conopa était ensuite enfoui dans    le en tant qu’offrande à la Terre Mère. Cet aryballe servait à transporter la “chicha” (bière  de mais). Deux  vases  incas dont  un aryballe (à gauche) réhaussé  d’un motif  en  forme  de lézard. ©  Photothèque A.d’Orval sol Abaque (Yupana) Gobelet cérémoniel (kéro) en bois XVIIe. Tête de puma.      Galerie Mercure    CGB ©                   Une histoire courte. Celle de conquérants vaincus par les conquistadors    ...et en BD chez Casterman Consulter aussi Archéologia Magazine. Rercherche avancée Pour de plus amples informations http://www.quaibranly.fr/ Rubrique : Documentation scientifique. Pour accéder au Portail documentaire Quatre catalogues en ligne : médiathèque, iconothèque, archives et documentation des collections. Et  le  catalogue des objets à visionner avec le zoom.   Galerie Mercure   Photo © CGB  WATCHEL Nathan. La vision des vaincus. Folio Histoire. Poche. 1992. Patrice Lecoq Le Journal de la Société des Américanistes en ligne - de 1895 à 2000 : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/revue/jsa - de 2000 à 2005 : http://jsa.revues.org/ Noeuds et cordelettes du quipu (voir ce mot) permettaient d’enregistrer nombre d’informations chiffrées http://www.archeologia-magazine.com/recherche-avancee.php Avril 2011 : National Geographic France titre sur “La grandeur des Incas Comment ils ont construit le plus puissant empire précolombien”. 26 pages incluant la carte des domaines royaux andins... Menu de l’abécédaire illustré Interviewes des     chercheurs, sites web, expos Interviewes des     chercheurs, sites web, expos www.troglos.com Des images remarquables pour découvrir, entres autres, les souterrains incas (rubrique Amérique Latine) http://www.ifeanet.org/investigacion/sigchos/index.php Sur la tombe supposée de l’Inca Atahualpa ART PRECOLOMBIEN - PRE-COLUMBIAN ART - ARTE PRECOLOMBINO http://www.youtube.com/watch?v=Vhu1V5dovQ0