Panthéon maya Mésoamérique. “Les chercheurs ne sont pas d’accord entre eux sur l’existence, avant l’an mil, de divinités clairement identifiées” (Claude François Baudez). Dans une première période, l’univers maya   aurait été avant tout féerique, peuplé de puissances, d’esprits et d’êtres surnaturels. Ce n’est que dans les derniers siècles avant la conquête espagnole que les Mayas auraient divinisé les forces de la nature et les corps célestes dont ils suivaient attentivement les mouvements. Figurent aux tout premiers rangs de ces divinités : Itzamna (dieu D), l’inventeur de l’agriculture et de l’écriture, maître du jour, de la nuit et des cieux. Mais aussi Kin Ahau, le soleil (dieu G), la lune (déesse I), la pluie et le tonnerre (Chac ou dieu B) et le jeune dieu du maïs (E). Selon le Popol Vuh — le livre sacré des Mayas-Quiché daté du XVIe siècle —, les Jumeaux divins (Hunahpú et Xbalanqué) se sont transformés l’un en Soleil et l’autre en Lune. Et ce, après avoir vengé leur père, tué dans le monde d’en bas, l’inframonde, par les Seigneurs des Ténèbres. Le temps des humains vint plus tard, après que les dieux aient tenté différents essais (hommes faits de boue, puis de bois…) pour créer des êtres qui les servent à maintenir un cosmos harmonieux. Conçus dans ce but, avec de l’eau et de la farine de maïs, les hommes se doivent de respecter et d’honorer leurs créateurs. De les « nourrir » aussi. Le soleil, qui « meurt » chaque soir, attend son dû pour renaître au matin. Ainsi s’explique le rôle des offrandes allant jusqu’au sacrifice humain. Lors des moments d’incertitudes, c’est-à-dire en fin de période (les Mayas tenaient compte de nombreux cycles : solaire, lunaire, vénusien, etc.), il revenait au roi de pratiquer des rites divinatoires pour faire en sorte que l’ère à venir soit positive. Pour cela, les élites mayas s’appuyaient sur divers almanachs (codex). Eux-mêmes s’inscrivaient  - via une arithmétique de position -, dans un cycle, une Histoire, de plus de 5000 ans (l’équivalent, dans notre calendrier, du 11 ou 13 août 3114 av. J.-C. au 21 ou 23 décembre 2012). Lire à ce propos l’interview de Claude-François Baudez . Pour les Mayas, les stèles qu’ils érigeaient faisaient interagir le cycle dynastique avec les autres cycles. Une grande importance était attachée à la concordance de leur double calendrier (l’un civil, de 365 jours, l’autre, cérémoniel de 260 jours). Un même jour se répétant tous les 52 ans, les Mayas accumulaient quantité d’informations pour être en mesure d’influer sur le cours des événements, par des offrandes ou la magie. Dans le livre de Chilam Balam, manuscrit qui précède la conquête, l’auteur se fait écho d’une « religion nouvelle » attendue par les Mayas. De fait, l’accueil de la religion chrétienne fut d’abord favorable (aux yeux des Mayas, la crucifixion serait apparue comme une « variante » de leur mode de sacrifice !), avant le rejet de l’église qui, elle, espérait venir à bout de l’idolâtrie. Une insurrection généralisée s’en suivit. L’ultime poche de résistance maya ne sera réduite qu’en 1697. Lire aussi notre article sur l’exposition Maya de l’aube au crépuscule au musée du Quai Branly Pour en savoir plus BAUDEZ Claude-François. Une histoire de la religion des Mayas. Albin Michel. 2002   BAUDEZ Claude-François. Les Mayas. Guide Belles Lettres des Civilisations. 2004. Jeune dieu du maïs. Hauteur 89,7 cm. Copán, Honduras Temple 22. British Museum, Londres. Published The Ancient Americas: Art from Sacred Landscapes. p.158; ,i>The Blood of Kings. ©Justin Kerr - K 2889a http://www.mayavase.com  The British Museum http://www.britishmuseum.org/explore/world_cultures/the_americas/maya.aspx http://www.britishmuseum.org Un monde féerique d’où émergent progressivement des divinités bien identifiées Kin Ahau, dieu du soleil Chac, dieu de la pluie et du tonnerre Kimi, dieu de la mort... Menu de l’abécédaire illustré Interviewes des     chercheurs, sites web, expos Interviewes des     chercheurs, sites web, expos ART PRECOLOMBIEN - PRE-COLUMBIAN ART - ARTE PRECOLOMBINO