Panthéon mochica Préhistorienne et anthropologue, Anne-Marie Hocquenghem donne  accès librement à  ses  travaux sur le Web. Pour les découvrir et lire son interview, rendez-vous en page d’accueil de notre site dans le chapitre Des interviewes de chercheurs pour partir sur de bonnes bases. Le panthéon mochica serait-il rempli de démons et dominé par un être surnaturel, Ai Apaec, encore appelé le Décapiteur, l’Égorgeur, ou le Dieu de la Montagne ? Ce n’est pas l’avis d’ Anne-Marie Hocquenghem *  pour qui l’iconographie mochica donne à voir des personnages anthropomorphes qui « peuvent être identifiés et comparés aux ancêtres mythiques incas décrits dans les textes des chroniqueurs à la fin du XVIe siècle. Leurs vêtements, ornements, instruments et symboles de statut, déposés dans les tombes des membres des élites dirigeantes**, attestent la nature ancestrale du pouvoir et de l’autorité absolue que ces derniers avaient exercé de leur vivant, ainsi que du fait que la mort, en les rendant à leurs origines, les avaient transformés en puissants immortels dont les symboles étaient les crocs et les serpents ». Le premier de ces personnages anime le monde et peut être rapproché du plus important des ancêtres mythiques incas : Viracocha Pachacamac. Anthropomorphe et masculin, il figure dans les scènes de sacrifice. Les Mochicas le représentent en maître de la vie lorsqu’il tient des plantes nourricières et maître de la mort lorsqu’il porte dans une main une tête trophée et dans l’autre un couteau sacrificiel (tumi). Le second personnage anthropomorphe est un Guerrier mythique portant un casque dont émanent des rayons terminés en têtes de serpents. Il se déplace en litière, elle-même radiante. Anne-Marie Hocquenghem met cette entité en relation avec le Soleil des Incas : Inti. « Les félins à ses pieds et les ophidiens enroulés autour de son corps attestent de sa puissance immortelle, de sa nature d’ancêtre mythique. Ses déplacements prévisibles, journaliers et annuels, entre les horizons en marquant les confins de l’espace et les moments du cycle saisonnier inscrivaient l’ordre ancestral que l’inca imposait dans son empire ». Autres personnages majeurs du panthéon mochica : le Hibou mythique et la Femme mythique. Le premier peut être mis en rapport avec l’ancêtre mythique Illap, Eclair. Ses « irruptions imprédictibles avaient un caractère opposé et complémentaire aux comportements ordonnés du Soleil. Et si l’Inca vivant était le fils du Soleil, mort son corps était considéré comme Illapa ». La Femme mythique, avec sa bouche à crocs et ses deux tresses, son long vêtement qui lui couvre les genoux, évolue entre les êtres mythiques masculins. « Elle peut être mise en parallèle avec la Lune, Quilla, qui sous ses différents états, croissante, pleine, décroissante, ou invisible, était l’ancêtre mythique de la Coya, épouse et sœur de l’Inca, des femmes et de tout ce qui était considéré comme appartenant au genre féminin dans le monde ». Visibles ou invisibles, les êtres mythiques annoncent déjà le panthéon inca ** Les attributs de pouvoir découverts dans les tombes du Seigneur de Sipan, des prêtresses  (San  José  de Moro), du Prêtre hibou, de la Dame de Cao, ainsi que les corps des sacrifés retrouvés au sein de la Huaca Huaca de la Luna ont fait la preuve que l’iconographie mochica  reflètait  - fidèlement - les rites pratiqués par les plus hauts personnages de cette société   Le Maître de la vie et de la mort Photos Caen Expo Congrès/CGB Le Guerrier mythique dans sa litière Le Maître de la vie et de la mort reçoit la coupe de sang du Hibou mythique. Photo CGB de l’abécédaire illustré Menu Interviewes des     chercheurs, sites web, expos Interviewes des     chercheurs, sites web, expos ART PRECOLOMBIEN - PRE-COLUMBIAN ART - ARTE PRECOLOMBINO