Crânes de cristal   Mai 2008. Le musée du quai Branly présente pour la première fois le crâne de cristal, hier en vitrine au Musée de l’Homme. Il ne sort pas des réserves par hasard. L’exposition commence la veille de la sortie mondiale du film « Indiana Jones et le royaume des crânes de cristal ». Joli coup marketing, appuyé par une démythification ! Le musée a donné son fameux crâne en cristal de roche à expertiser au Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) et les doutes, formulés depuis des années, ne sont plus permis. Le « crâne de Paris » n’est pas aztèque. Rainures et perforations sont beaucoup trop parfaites pour être le fait de Précolombiens. Pour les scientifiques qui l’ont analysé, le crâne daterait du XIXe siècle. D’avant 1878, année de son achat par le musée d’ethnographie du Trocadéro. Deux lieux sont même avancés. Le matériau proviendrait du Brésil et le crâne aurait été taillé, après 1850, dans le sud de l’Allemagne. Fin d’une légende. À moins, comme le soutien- nent certains, que ledit crâne —   effectivement ancien —  ait été retravaillé à cette époque ! Treize crânes à rassembler Le crâne de cristal du British Museum (Londres) et  celui du Smithsonian Museum (Washington) garderaient, eux aussi, les traces d’un polissage moderne. Voilà qui ne fait pas l’affaire de ceux qui s’appuient sur “une ancienne légende indienne” pour annoncer, à l’échéance du 21 décembre 2012. le basculement de la Terre ! D’autres, heureusement plus optimistes, soutiennent  que rassembler les 13 crânes de cristal recensés dans le monde* permettrait d’accéder à la connaissance suprême sur l’origine et le devenir de l’Humanité. Encore faut-il que ces crânes soient effectivement préhispaniques. Comme le serait soi-disant celui retrouvé au sommet d’un temple-pyramide maya de la cité de Lubaantún, au Belize (ex-Honduras britannique), en 1924, par la jeune Anna Mitchell-Hedges. La fille d’un aventurier passionné par l’archéologie et les cités disparues. Le « crâne du destin » — comme il l’appelait lui-même – serait, lui, taillé sans que n’apparaisse au microscope la moindre trace d’usage d’outil métallique. D’aucuns avancent qu’il a fallu trois siècles pour le réaliser dans un bloc de cristal d’une bonne quinzaine de kilos (le crâne en pèse 5). À moins qu’il ne soit l’œuvre d’habiles artisans du XIXe… ou bien d’extraterrestres ! Seule certitude Pour ceux qui l’affirment, les crânes promis à sauver le monde auraient transité par l’Atlantide. Avant que les Atlantes choisissent d’en faire don aux Mayas et qu’ils passent aux mains des Aztèques qui les auraient utilisé dans leurs rituels, pour leurs pouvoirs extraordinaires. De fait, ces crânes pourraient non seulement parler et chanter, mais ils seraient dépositaires d’informations capitales, emmagasinées, à l’image de la mémoire de nos ordinateurs, dans le cristal… Revenons au musée du Quai Branly. Pour m’être planté quelques minutes à côté du crâne de Paris – savamment éclairé, par en dessous, dans un angle de l’aire consacrée aux Amériques —, j’ai vite acquis une certitude sur ses pouvoirs. En tout cas ceux d’aujourd’hui. Il attire les enfants et déclenche le sourire des plus grands...                                              Liés au culte catholique ! Pascal Mongne fait part d’une autre hypothèse. Avec quelques chercheurs, il subodore  que  les  petits  crânes - notamment ceux percés d’un trou vertical - pourraient  bien être des objets de culte catholique. Des « golgothas » de cru- cifix. Ce  trou  marquerait  l’emplacement du tenon dans lequel la mortaise de  la croix venait  se ficher. Et de préciser que les trous  pratiqués sur  les crânes précolombiens sont toujours horizontaux.  A  l’exemple  des   tzompantlis, ces « râteliers »  sur  lesquels  les  Aztèques  alignaient  les  têtes des sacrifiés en les transperçant  au  niveau des tempes.”  *Les idées divergent sur le sujet. Les uns avancent qu’il y aurait 12 crânes, d’autres 13. D’autres encore parlent de 52. La plupart toujours cachés par les Mayas. Outre le « crâne du destin » les plus connus sont :  le crâne rose, le crâne améthyste, le crâne à la croix reliquaire, le « synergie”,  le « Max », le « Sha-Na-Ra », le « Mayan”  et  le « E.T » Le texte ci-dessous est reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur                        de  “Art Précolombien. Journal d’un passionné Interviewes des     chercheurs, sites web, expos Les  éditions Images En Manoeuvres  témoignent dans cet ouvrage des résultats obtenus suite aux analyses menées sur le crâne de mosaïque expo- sé au musée d’Arts africains, océaniens de amé- indiens  de  Marseille.  Un chapitre  est consacré aux analyses scientifiques du crâne de cristal de Paris. Musées de Marseille. Xihuitl. Le bleu éternel. Enquête autour d’un crâne. Images En Manoeuvres Editions En  couverture  de  ce  catalogue de ventes aux enchères daté de 2008,  le crâne “Pépin” Mexique ? Deuxième moitié du XIXe siècle. En cristal de roche semi-translucide. H : 8,8 P : 11,5 cm. Poids : 1,89 kg. Plus de détails sur : http://www.binoche-renaud-giquello.com/ Interviewes des     chercheurs, sites web, expos Menu de l’abécédaire illustré ART PRECOLOMBIEN - PRE-COLUMBIAN ART - ARTE PRECOLOMBINO